Joe G. Pinelli
Expo-vente · 12 au 20 décembre · Galerie Cécilia F.
Auteur belge ayant adopté un surnom aux sonorités italo-américaines, Joe G. Pinelli s’est fait connaître dans les années quatre-vingt-dix avec deux trilogies, parues initialement chez PLG. Contemporaines du Livret de Phamille, de Jean-Christophe Menu (1995), du Journal de Fabrice Neaud (1996) ou encore du Journal d’un album de Dupuis et Berberian (1994), les deux fois trois volumes regroupés successivement dans No mas pulpo (1990 à 1993) puis dans La Dinde sauvage (1996 à 1999) furent annonciatrices d’une tendance profonde, contribuant à l’apparition de l’autobiographie dans la bande dessinée francophone.

Dans l’atelier de Joe G. Pinelli.
D’abord héritier de la grande tradition du réalisme américain, dans la lignée initiée par Noel Sickles et Milton Caniff qui s’enracina en Europe à travers de nombreux artistes prestigieux (Pratt, Jijé, Muñoz, Comès, etc.), Pinelli n’a jamais cessé d’expérimenter, adoptant tour à tour l’encre au lavis, la couleur aux battons d’huile, le dessin au graphite, choisissant l’outil en fonction du projet, et toujours sous l’œil des maîtres l’ayant précédé, dessinateurs et peintres, dont il n’a jamais cessé d’étudier la manière. Le panorama de ses œuvres impressionne par la diversité des formes, mais aussi par celle des éditeurs l’ayant accueilli dans leur catalogue. On trouve en effet des livres de Joe Pinelli tant chez les indépendants de la première heure (PLG, Ego comme X, Le Lézard) que dans des maisons ayant pignon sur rue (Casterman, Dupuis), sans parler de l’impressionnante production fanzinesque de l’artiste qui déploie en auto-édition un pan aussi remarquable que mal connu de son travail (comme par exemple les dizaines de volumes de ses Archives de Kurt Hix, racontant de manière saisissante la montée du nazisme dans l’Allemagne des années trente).

Das Feuer (extrait)
À l’intransigeance du versant graphique d’un Pinelli, osant dans Das Feuer (2018) deux cents pages au crayon graphite, ternes et ravagées, faisant écho au Feu de Barbusse, répond une écriture rarement lue dans le monde de la bande dessinée. Dès ses débuts, avec No más pulpo, No más chorizo, Unicamente Puros, Pinelli se distingue en adoptant une langue drue, où l’argot s’allie à la dérive des mots pour témoigner des errances de l’auteur, vacillant mais tenant bon au fil des cuites et des baises. Une dérive qui prendra par la suite l’allure d’une échappée maritime non sans quelques réminiscences maltaises.

Amateur de polar (Pinelli a collaboré avec les plus grands, de Patrick Raynal à Jean-Bernard Pouy en passant par Didier Daeninckx) et de musique (tout particulièrement le jazz), il a placé nombre de ses livres et fanzines à l’ombre de ces genres, faisant revivre, tant en Europe qu’outre Atlantique, la période du milieu du XXe siècle, avant ou après le second conflit mondial. Mais c’est encore au-delà des océans, dans des terres insulaires et tropicales, au terme de traversées qui sont aussi des initiations, que Pinelli trouve, à l’instar d’un Pratt dont il a longuement étudié le trait, la respiration de l’Aventure, certes, mais aussi de l’apaisement. Joe G. Pinelli : le choix du nom d’artiste incarne, pour ce liégeois de toujours ou presque, sorti des corons et des aciéries, le choix d’un monde multiple et l’affection pour les origines diverses et bigarrées n’excluant pas la lucidité devant les terreurs de notre monde, celles-là mêmes dont on voit poindre aujourd’hui les noirceurs folles et avinées.

Féroces tropiques (extrait)
Le SoBD est fier et heureux de proposer enfin une exposition-vente rétrospective de ce grand artiste dont l’œuvre enjambe deux millénaires. En une plus de cents pièces, soigneusement choisies dans l’œuvre de Pinelli, on verra toute l’ampleur de son travail.
Prix accessibles.
Ouverture les samedi 12 et dimanche 13 décembre
en présence de l’artiste.
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Ça se passe où ?
L’exposition Joe G. Pinelli
se tiendra à la Galerie Cécilia F.
4 rue des Guillemites, Paris IVe
(150 mètres du SoBD).
Vernissage
Samedi 12 décembre à partir de 15h
Ouverture du 13 au 20 décembre 2026,
du mercredi au vendredi de 15h à 19h,
le samedi et le dimanche de 11h à 19h.
Entrée libre.

Galerie Cécilia F., 4 rue des Guillemites, Paris IVe
Comment y aller ?
Metro lignes 1 et 11 : Hôtel de Ville / ligne 1 : Saint-Paul
Bus 69, 76, 96 : Saint-Paul


